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Un catalogue en trois langues, une seule source
Traduire un catalogue n’est pas traduire des mots. C’est décider ce qui se traduit, ce qui se localise et ce qui ne doit surtout pas bouger d’une langue à l’autre.
Clio vend de la maroquinerie en français, en néerlandais et en anglais, et reprend ses invendus. Trois langues sur un même catalogue, ce n’est pas trois fois le même travail: c’est un travail de tri fait une fois, puis trois remplissages.
Trois natures de champ, et pas une
La faute la plus commune consiste à traiter une fiche produit comme un bloc de texte à traduire. Une fiche contient en réalité trois choses différentes.
Ce qui se traduit: le nom commercial, la description, les matières, l’entretien. Ce sont des mots destinés à un lecteur, et ils ont besoin d’un traducteur, pas d’un outil.
Ce qui se localise: le prix, la devise, les frais de port, les délais, les mentions légales obligatoires, les tailles quand elles suivent des conventions nationales. Ces valeurs ne se traduisent pas, elles se recalculent selon la destination.
Ce qui ne bouge jamais: la référence, le code-barres, la couleur au sens de la variante, les dimensions. Traduire un de ces champs casse la correspondance avec le stock, et le jour où ça arrive, personne ne comprend pourquoi une commande néerlandaise ne trouve plus son article.
La règle qui évite la moitié des ennuis
Une seule source par produit, et les langues sont des vues de cette source.
L’inverse, une fiche par langue, paraît plus simple au démarrage et se dégrade vite. Un prix modifié dans deux fiches sur trois, une photo remplacée en français et pas ailleurs, une variante ajoutée dans la langue de la personne qui l’a créée. Au bout d’un an, les trois catalogues ne décrivent plus le même magasin.
Les retours, qui révèlent tout le reste
Le parcours de retour est le meilleur test d’un catalogue multilingue, parce qu’il touche à tout: la fiche, la commande, le transporteur, la langue du client et les règles du pays d’expédition.
Un acheteur néerlandophone qui renvoie un sac doit pouvoir le déclarer dans sa langue, obtenir une étiquette valable depuis son pays, et voir son remboursement dans la devise où il a payé. Si une seule de ces trois pièces manque, il écrit un courriel, et l’économie du parcours en ligne disparaît.
C’est la raison pour laquelle nous traitons les retours en même temps que la fiche produit, et non comme une option de fin de projet.
Ce que ça change pour le référencement
Chaque langue a besoin de ses propres adresses et de ses propres textes, pas d’une bascule qui remplace le contenu sans changer l’URL. Une page qui change de langue à la même adresse n’est indexable que dans une seule, et c’est aussi ce que la documentation de Google sur les versions localisées demande depuis longtemps.
Le travail de traduction n’est donc pas seulement éditorial, il est structurel, et il se décide au moment où l’on choisit la façon dont les langues cohabitent. Le refaire après indexation coûte des redirections et du temps.